l'antique archevêque de Reims, l'évangéliste de Clovis et des Flancs, le donataire de la sainte ampoule, que lui avait apportée du Ciel la toute blanche et mystérieuse colombe ; le premier qui eût versé l'onction d'huile sur le front d'un Mérovingien, afin d'y fixer la sagesse, et sur son bras pour y maintenir la force."

"Son père, écrit encore Mgr Touchet, se nommait Jacques d'Arc et sa mère Isabelle Romée. Elle eut trois frères : Jacquemin, Jean et Pierre, et une ou deux soeurs. Tout ce petit monde travaillait sur l'humble domaine rural qui le nourrissait. "C'étaient de vertueux laboureurs ; j'ai pu m'en assurer de mes yeux", a dit le chevalier Bertrand de Poulengy, qui les avait visités plusieurs fois. C'étaient "d'excellents et fervents catholiques, de bons et laborieux ouvriers", ont répété à l'envi les témoins de l'enquête de Domrémy.

Perceval de Boulainvilliers, conseiller, chambellan du roi, sénéchal, diplomate, a raconté la naissance de Jeanne, dans une lettre du 29 juin 1429, adressée au duc de Milan, avec un enthousiasme naïf, mais très sincère : "Dans cette nuit, dit-il, où tout le monde se souvient plus tendrement des mystères du Christ, cette enfant parut à la lumière des mortels. Aussitôt les paysans de son village se sentirent pénétrés d'une incroyable joie... pressentiment de ce que ferait la messagère de Dieu, la divinitus missa".

Elle fut baptisée par maître Jean Minet, curé de Domrémy, le jour de sa naissance, et nommée Jeanne. Elle eut plusieurs parrains et plusieurs marraines, suivant l'usage du temps : Jean Barret et Jean Linguet, Jean Morel et Jean Ringuesson. Quand la réunion des Jean était si nombreuse, pas de doute que le nom donné à l'enfant fût Jeanne. Lorsque, le soir venu, parrains et marraines rompirent une tourte de pain bis et vidèrent, à la prospérité de leur filleule, un verre de vin rose, ils ne savaient pas devoir être si bien exaucés. Le nom qu'il venaient d'imposer était prédestiné à l'une des plus pures et des plus rares gloires, devant les hommes et devant Dieu."

Le prénom Jean signifie en hébreux, Dieu fait grâce, Dieu pardonne. On comprend mieux cette abondance de "Jeans" et le prénom de Jeanne. On comprend aussi que Jean Baptiste ne pouvait s'appeler que Jean.

Perrin le drapier, ancien marguillier et sonneur de cloches, décrit Jeanne d'Arc :

Jeannette est née à Domrémy de Jacques d’Arc et d’Isabellette. Les deux époux étaient de bons catholiques et d’honnêtes laboureurs, estimés de tout le monde. Jeannette fut baptisée à Saint-Remy, l’église paroissiale du village... Depuis le premier âge, dès qu’elle eut connaissance jusqu’à son départ de la maison de son père, Jeannette fut une fillette bonne, chaste, simple, réservée, ne jurant ni Dieu, ni ses saints, craignant Dieu, fréquentant l’église et allant à confesse. Je sais bien ce que je dis, car en ce temps-là j’étais marguillier de l’église de Domrémy, et souvent je voyais Jeannette y venir à la messe ou aux complies. Lorsque je manquais de sonner les complies, elle me reprenait et me grondait, disant que ce n’était pas bien fait. Elle m’avait même promis de me donner de la laine de ses moutons 1, à condition que je sonnerais exactement.

Remercions Jeanne d'Arc pour tout ce quelle a fait et demandons lui d'intervenir encore pour notre pays :

Prière de Jeanne d'Arc dans sa prison

Mes voix me l'ont prédit : me voici prisonnière; Je n'attends de secours que de vous, ô mon Dieu ! Pour votre seul amour j'ai quitté mon vieux père, Ma campagne fleurie et mon ciel toujours bleu ; J'ai quitté mon vallon, ma mère bien-aimée, Et montrant aux guerriers l'étendard de la croix,

Une sombre prison, voilà ma récompense, Le prix de mes travaux, de mon sang, de mes pleurs !... Je ne reverrai plus les lieux de mon enfance, Ma riante prairie avec ses mille fleurs... Je ne reverrai plus la montagne lointaine Dont le sommet neigeux se plonge dans l'azur, Et je n'entendrai plus, de la cloche incertaine, Le son doux et rêveur onduler dans l'air pur...

Dans mon cachot obscur, je cherche en vain l'étoile Qui scintille le soir au firmament si beau ! La feuillée, au printemps, qui me servait de voile, Lorsque je m'endormais en gardant mon troupeau. Ici, quand je sommeille au milieu de mes larmes, Je rêve les parfums, la fraîcheur du matin ; Je rêve mon vallon, les bois remplis de charmes, Mais le bruit de mes fers me réveille soudain...

Seigneur, pour votre amour j'accepte le martyre, Je ne redoute plus ni la mort, ni le feu. C'est vers vous, ô Jésus, que mon âme soupire; Je n'ai plus qu'un désir, et c'est vous, ô mon Dieu! Je veux prendre ma croix, doux Sauveur, et vous suivre, Mourir pour votre amour, je ne veux rien de plus. Je désire mourir pour commencer à vivre, Je désire mourir pour m'unir à Jésus.

Je Vous Salue Marie,

Pleine de grâce,

Vous êtes bénie entre toutes les femmes,

Et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni,

Sainte Marie, Mère de Dieu,

Notre Mère, Mère de l'Eglise, Patronne de la France,

Priez pour nous, pauvre pécheur, maintenant et à l'heure de notre mort,

Amen