Le 4 Août Fête du Curé d'Ars
Par Admin le samedi 1 août 2009, 12:10 - TEXTES - REFLEXION - Lien permanent
Chers Frères et Sœurs,
Je suis très heureux de me trouver chez vous, à Ars. Mes prédécesseurs ont tour à tour déclaré votre célèbre curé bienheureux, saint, patron des curés du monde.
Aujourd’hui, il est donné à l’Evêque de Rome, successeur de l’Apôtre Pierre, de se faire pèlerin chez vous.
Dès l’époque où je me préparais au sacerdoce, à Cracovie, je lisais la vie du Curé d’Ars. Et l’exemple de ce curé me fortifiait dans mon désir de me consacrer totalement au salut des âmes. Depuis, je n’ai cessé d’aspirer à venir moi-même prier sur les lieux de son ministère, près de sa tombe. Je l’avais dit à Notre-Dame de Paris, lors de ma première visite apostolique en France.
Béni soit Dieu qui me donne cette grâce aujourd’hui!
Au temps où Jean-Marie Vianney arrivait ici, il n’y avait guère que 230 habitants. La modestie de ce village de campagne, dans les Dombes, ne permettait pas de penser à la notoriété qu’il connaît désormais partout.
Mais un saint est venu chez vous, déployant ici, comme prêtre, tout l’amour du cœur de Jésus.
Et cette paroisse a changé. Dès 1827, après neuf ans de son ministère, il pouvait dire: “Ars n’est plus Ars”. “Une révolution dans les cœurs” disait Catherine Lassagne. La foi, la prière, la vie selon l’Evangile, avaient donné à ce village un visage nouveau.
6 Octobre 1986 - Jean Paul II
Ainsi donc le Christ s’est bien arrêté ici, à Ars, au temps où Jean-Marie
Vianney y était curé.
Oui, il s’est arrêté. II a vu “les foules” des hommes et des femmes du siècle dernier qui “étaient fatiguées et abattues”, comme des brebis sans berger” (Mt 9, 36).
Le Christ s’est arrêté ici comme le Bon Pasteur. “Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, disait Jean-Marie Vianney, c’est 1à le plus grand trésor que le Bon Dieu puisse accorder à une paroisse et un des plus précieux dons de la miséricorde divine” (Nodet, 104).
Et de ce lieu, le Christ a dit à ses disciples, comme autrefois en Palestine, il a dit à toute l’Eglise qui est en France, à l’Eglise répandue par toute la terre: “La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson” (Mt 9, 37-38).
Aujourd’hui, il le dit pareillement, car les besoins sont immenses, pressants.
Les évêques, successeurs des Apôtres, le successeur de Pierre, voient plus que d’autres l’ampleur de la moisson, avec les promesses d’un renouveau, et aussi la misère des âmes abandonnées à elles-mêmes, sans ouvriers apostoliques.
Les prêtres ont une vive conscience de ce besoin, eux qui voient en maints endroits leurs rangs clairsemés, et qui attendent l’engagement de plus jeunes dans le sacerdoce ou la vie religieuse.
Les laïcs, les foyers en sont tout autant convaincus, eux qui comptent sur le ministère du prêtre pour nourrir leur foi et stimuler leur vie apostolique.
Les enfants et les jeunes le savent bien, eux qui ont besoin du prêtre pour devenir des disciples de Jésus, et peut-être partager sa joie de se consacrer entièrement au service du Seigneur, à sa moisson,
Et nous tous, qui sommes réunis ici, après avoir médité sur la vie et le service de saint Jean-Marie Vianney, Curé d’Ars, cet “ouvrier” insolite de la moisson où s’opère le salut des hommes,
nous élevons une supplication instante vers le Maître de la moisson,
nous prions pour la France,
pour l’Eglise à travers le monde entier:
envoie des ouvriers dans ta moisson!
envoie des ouvriers!
Homélie d'Ars Jean Paul II - Octobre 1986