Alors, la communauté unanime fit solennellement un acte de consécration par lequel chacune s'offrirait en holocauste pour apaiser la colère de Dieu et ramener la paix dans le pays.

Ainsi, malgré les conseils de prudence qu'on leur prodiguait, elles entretenaient une correspondance imprudente avec l'extérieur. Au cours d'une perquisition qui eut lieu le 21 juin 1794, les hommes du pouvoir en découvrirent les traces, en même temps qu'un portrait de Louis XVI et des images du Sacré Coeur, signe de ralliement des insurgés de Vendée. Autant de pièces qui venaient étayer les soupçons de complot royaliste et fanatique.

Les soeurs furent alors emprisonnées dans l'ancienne maison des Visitandines.

Le martyre des carmélites

Le procès eut lieu lors de la Grande Terreur de juin 1794. Elles furent jugées rapidement, sans témoins, et parmi une multitude d'autres.

Mère Thérèse, la prieure, déclara qu'elle voulait être la seule victime. Elle n'obtint que d'être exécutée la dernière. statue.jpg

Elles chantaient le Veni Creator en allant sur le lieu du supplice. La prieure bénit chacune de ses compagnes qui montaient à l'échafaud. Elle tenait dans la paume de la main une minuscule statue de la Sainte Vierge qu'elle leur donnait à baiser.

En montant à l'échafaud le 17 juillet 1794, elles ont offert leur vie en demandant l'arrêt de la terreur, et la fin de la révolution.

Dix jours plus tard, le 27 Juillet 1794, Robespierre était arrêté, et la terreur cessait. La révolution a ensuite décliné petit à petit.

Soeur Marie de l'Incarnation fut la seule rescapée du massacre parce qu'elle était en voyage lors de l'arrestation. Elle entreprit de faire connaître ses compagnes, leur vie et les détails de leur exécution. Ce fut l'origine d'une abondante littérature hagiographique, parfois polémique, le plus souvent symbolique, dont la pièce la plus remarquable est sans doute Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos.

La béatification des carmélites de Compiègne fut proclamée par Pie X le il juin 1905.

Nous pouvons prier les Bienheureuses Carmélites et leurs noms sont les suivants:

Mère Thérèse de Saint Augustin (Lidoine) prieure - Soeur de Jésus Crucifié (Piedcourt) - Soeur Charlotte de la Résurrection (Thouret) - Soeur Euphrasie de l’Immaculée Conception (Brard) - Soeur Julie-Louise de Jésus (Chrétien de Neuville) - Soeur Thérèse du Coeur de Marie (Hanisset) - Soeur Sainte Marthe (Dufour) converse - Soeur Catherine (Soiron) tourière - Soeur Thérèse (Soiron) tourière - Soeur Marie du Saint Esprit (Roussel) converse - Soeur Thérèse de Saint Ignace (Trezel) - Mère Henriette de Jésus (de Croissy) - Soeur Marie Henriette de la Providence (Pelras) - Soeur Saint François Xavier (Vérolot) converse - Soeur Constance (Meunier) novice

Poème et Prière composés par Mère Thérèse de Saint Augustin ( la supérieure) devant l’enfant Jésus de la crèche

Céleste enfant, c’est toi que je désire
Nul autre objet ne satisfait mon coeur !
C’en est donc fait je suis sous ton empire
De ton amour je ressens les ardeurs !
Guéris ce coeur criminel et coupable,
Qu’il soit blessé de douleur et d’amour !
Célestes plaies, ô plaies si désirables,
Navrez ce coeur, qu’il souffre nuit et jour !

Divin amour, de toute ma personne,
A ton berceau, je viens faire le don !
A tes rigueurs, mon âme s’abandonne,
Et pour toujours y aveugle ma raison !
Je ne veux rien, ton coeur est toutes choses
J’immole ici mes vues et mes désirs !
C’est en ton coeur que je veux être close,

De ton amour j’accepte le martyr

Ah ! sur la mort fonde mes espérances,
Car je meurs de ne pouvoir mourir
Et hâte Seigneur, hâte ma délivrance,
Brise ces liens, contente mes désirs !

Tranche à ton gré, immole ta victime !

Tes coups divins seront pour moi sacré !
C’est mon bonheur si sous ta main j’expire,
Que tes rigueurs ont pour mon coeur d’attraits !

Divin Pasteur, je mets sous ta houlette

Ce cher troupeau confié à mes soins !
Aimable Enfant, auprès de ta couchette,
Je t’abandonne la mère et les enfants !
Mère auguste et souveraine,
Daigne en ton sein, oh daigne nous placer !
En ton secours, notre puissante reine,
Tes chères enfants ont bien le droit d’espérer.