Le 19 mars 1682,

Les 72 membres du clergé présents à l'Assemblée adoptent la Déclaration des Quatre Articles ( ou Déclaration de l’assemblée du clergé de France) rédigée par Bossuet, qui rappelle les libertés de l’Eglise gallicane :

1. le pape n’a qu’une autorité spirituelle, il ne peut ni juger les rois, ni les déposer.

2. le concile œcuménique est supérieur au pape.

3. les libertés de l’Eglise gallicane sont inviolables.

4. le pape n’est infaillible qu’avec le consentement de l’Eglise universelle.

Voltaire écrit : "L'Assemblée de 1682 crut que le moment était venu d'établir en France une Eglise catholique, apostolique, mais qui ne serait point romaine". Louis XIV demande que les Quatre Articles soient publiés dans toute la France, et enseignés dans les séminaires. Protestation d'une partie du clergé français, ainsi que du pape Innocent XI, qui condamne officiellement la Déclaration le 11 avril. Il refuse l'investiture canonique à tous les évêques nommés par lui. En 1688, 35 évêchés seront ainsi vacants. Pour éviter le schisme, Louis XIV cédera en 1693, informant le pape que la Déclaration ne serait plus enseignée en France. Margurite_Marie.bmp

1683 : Le 18 octobre, à Fontainebleau, Louis XIV révoque l'édit de Nantes (1598).

Le 17 juin 1689 : Marguerite-Marie reçoit les Demandes du Sacré-Cœur à la France.

-Il ( Jésus ) désire donc, ce me semble, entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des rois, pour y être honoré autant qu'il y a été outragé, méprisé et humilié en sa Passion, et qu'il reçoive autant de plaisir de voir les grands de la terre abaissés et humiliés devant lui, comme il a senti d'amertume de se voir anéanti à leurs pieds. Et voici les paroles que j'entendis sur ce sujet : "Fais savoir au Fils aîné de mon sacré Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu'il fera de lui-même à mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise, de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre victorieux de tous les ennemis de la sainte Eglise (1). - Ste-Marguerite-Marie-2.jpg

(1) Cette lettre, qui contient ce qu'on appelle le "Message du Sacré Cœur à la France", a été bien souvent discutée et diversement interprétée. Il est certain que les demandes du Sacré Cœur ne furent pas réalisées par Louis XIV, soit parce qu'elles ne lui parvinrent pas, soit parce qu'il ne se crût pas obligé de s'y conformer. Le Message valait-il pour la France, que le Roi incarnait en 1689 ? Beaucoup de fidèles n'en ont jamais douté, et la Basilique de Montmartre, - qui dépasse infiniment la "chapelle" demandée par Notre-Seigneur, - les nombreux drapeaux écussonnés du S. C., et les innombrables consécrations individuelles et familiales à ce divin Cœur, réalisent partiellement les demandes formulées. Aux fervents du Sacré Cœur, à ceux qui désirent ardemment son règne sur la France et le monde, de réaliser le reste, par leurs prières et leur intense apostolat. (note de l'ouvrage Sainte Marguerite-Marie - Œuvres choisies, Paris, La Renaissance du Livre, 1947) Lettre XCVIII, à la Mère de Saumaise, à Dijon (Vendredi après l'Octave du Saint-Sacrement, 17 juin 1689), Vie et Œuvres, op. cit., t.II, pp.198 à 201.

Le Père éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l'adorable Cœur de son divin Fils a ressenties dans la maison des princes de la terre, parmi les humiliations et outrages de sa Passion, veut établir son empire dans la cour de notre grand monarque, duquel il veut se servir pour l'exécution de ce dessein qu'il désire s'accomplir en cette manière, qui est de faire faire un édifice où serait le tableau de ce divin Cœur pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. De plus, ce divin Cœur se voulant rendre protecteur et défenseur de sa sacrée personne contre tous ses ennemis visibles et invisibles, dont il le veut défendre, et mettre son salut en assurance par ce moyen, c'est pourquoi il l'a choisi comme son fidèle ami pour faire autoriser la messe en son honneur par le Saint-Siège apostolique, et en obtenir tous les autres privilèges qui doivent accompagner cette dévotion de ce sacré Cœur, par laquelle il lui veut départir les trésors de ses grâces de sanctification et de salut, en répandant avec abondance ses bénédictions sur toutes ses entreprises qu'il fera réussir à sa gloire, en donnant un heureux succès à ses armes, pour le faire triompher de la malice de ses ennemis. Heureux donc qu'il sera s'il prend goût à cette dévotion qui lui établira un règne éternel d'honneur et de gloire dans ce sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel prendra soin de l'élever et le rendre grand dans le ciel devant Dieu son Père, autant que ce grand monarque en prendra de relever devant les hommes les opprobres et anéantissements que ce divin Cœur y a souffert ; qui sera en lui rendant et procurant les honneurs, l'amour et la gloire qu'il en attend. chasse_mma.jpg

Mais comme Dieu a choisi le Révérend Père de La Chaise (1) pour l'exécution de ce grand dessein, par le pouvoir qu'il lui a donné sur le cœur de notre grand Roi, ce sera donc à lui de faire réussir la chose, en procurant cette gloire à ce sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; secondant en cela l'ardent désir qu'il a de se faire connaître en se manifestant aux hommes, pour en être aimé et en recevoir un honneur et hommage tout particulier. Si donc sa bonté inspire à ce grand serviteur de sa divine Majesté d'employer le pouvoir qu'il lui a donné, pour lui faire ce plaisir qu'il désire si ardemment, il peut bien s'assurer qu'il n'a jamais fait d'action plus utile à la gloire de Dieu ni plus salutaire à son âme, et dont il soir mieux récompensé, et toute sa sainte Congrégation, dont il se rendra, par ce moyen, l'honneur et la gloire, par les grands trésors de grâces et de bénédictions que ce sacré Cœur y répandra, lequel, s'étant communiqué premièrement aux Filles de la Visitation, auxquelles il a donné de le manifester et faire connaître par l'établissement de cette même dévotion de ce Cœur tout aimable, il veut que les RR.PP. Jésuites en fassent connaître l'utilité et la valeur, cela leur étant réservé. C'est pourquoi vous ferez bien, si vous en trouvez de bonne volonté, de les y employer, car, par ce moyen, la chose réussira plus facilement, quoique tout y paraisse très difficile, tant pour les grands obstacles que Satan se propose d'y mettre, que pour toutes les autres difficultés. Mais Dieu est sur tout, lequel se plaît souvent de se servir des moindres et plus méprisables choses pour l'exécution de ses plus grands desseins, tant pour aveugler et confondre le raisonnement humain, que pour faire voir que sa puissance qui peut tout ce qui lui plaît, quoiqu'il ne le fasse pas toujours, ne voulant pas violenter le cœur de l'homme… (1) : Le Père de la Chaise était le confesseur de Louis XIV. Lettre CIV, à la Mère de Saumaise, à Dijon (28 août 1689), Vie et Œuvres, op. cit., t.II, pp.212 à 214.

Il y a encore une autre chose dont je me sens fort pressée par le grand désir qu'il me fait connaître d'en avoir, c'est que cette dévotion coure dans les palais des rois et des princes de la terre afin qu'il y reçût autant de plaisir comme aimé et honoré des grands comme ont été grandes les amertumes et angoisses qu'il a ressenties, lorsqu'en sa Passion il y a été tant méprisé, outragé, humilié, et je vous avoue qu'il me semble que cette dévotion servirait d'une grande protection à la personne de notre roi et pourrait bien donner d'heureux succès à ses armes et lui procurer de grandes victoires. Mais ce n'est pas à moi de dire cela : il faut laisser agir la puissance de cet adorable Cœur. Lettre au Père Croiset (15 septembre 1689), in M. de la Franquerie, Le Sacré-Cœur et la France, Montsurs, Ed. Résiac, 1988.

Le 15 septembre1693

Les évêques de France désavouent les quatre articles de la Déclaration de Bossuet, sur la demande d’Innocent XII et avec l’approbation de Louis XIV. Celui-ci informe le pape que la Déclaration ne sera plus enseignée en France. En retour, Innocent XII accepte l'extension du droit de régale à tous les diocèses et investit les évêques nommés depuis 1682.

Le 17 Juin 1789 Début de la Révolution Française

Soit 100 ans jour pour jour après la demande de consécration au Sacré Coeur

5 mai 1789, Louis XVI ouvrit officiellement la réunion des Etats généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles (aujourd'hui un terrain vague). Louis XVI ennuyait avec son discours et Necker, le Ministre des Finances, n'avait pas de projet sérieux. Dès le 6 mai, les députés du tiers état changèrent de nom, se faisant appeler « députés des Communes » à l'instar du Parlement britannique. L'usage voulait qu'il faille commencer par vérifier les pouvoirs des députés et les députés des communes proposèrent que tout cela fût fait en commun ce que refusèrent le clergé et la noblesse. Au bout d'un mois et ne cédant pas sur leurs exigences, les députés du tiers-état prirent la décision de tout vérifier eux-mêmes le 12 juin avec l'appui de quelques curés. Le 17 juin 1789, sur proposition de l'abbé Sieyès, les députés du tiers-état, considérant qu'ils représentaient les 9/6mes de la Nation, rejetèrent les trois ordres et se proclamèrent Assemblée Nationale. Ainsi, ils décidèrent de s'autoriser à percevoir des impôts et réfléchirent au fait d'écrire noir sur blanc les règles de gouvernement, les attributions de chacun (roi, ministres, députés...) devant être clairement définies dans une Constitution. Il faut dire que cette méthode était déjà employée aux Amériques... Louis XVI se sentit bafoué. Très en colère et sur les conseils de son entourage, il fit fermer la salle de réunion des députés. Cela ne les découragea pas. Trois jours plus tard, ils se réunirent le 20 juin 1789 dans la salle du Jeu de Paume à Versailles. Ils proclamèrent le serment « de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la Constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides ». Ce fut le début de la Révolution...

Le 12 Juillet 1790 Début de la Persécution des prêtres

Le projet de constitution civile du clergé fut adopté par la Constituante le 12 juillet 1790. Chouan.jpg

D'inspiration gallicane, la constitution civile du clergé souhaitait établir l'indépendance totale (sauf en matière doctrinale) de l'Église de France à l'égard de la papauté. Son organisation se calquait sur l'administration civile, les évêchés correspondant aux 83 départements. Les évêques et les prêtres sont élus par les fidèles, constitués en corps électoraux locaux.

Les prêtres se divisent en deux groupes : Les jureurs qui prêtent serment à la constitution, et les réfractaires qui vivent et officient dans la clandestinité, protègés par les populations des Campagnes. Devant l'impossibilité d'imposer la Contitution civile du clergé, l'Assemblée aboli la liberté de culte, et instaure le culte de l'être suprême. Les français, très proches de leurs prêtres, se révoltent dans plusieurs endroits. Le soulèvement le plus connu est celui de Vendée qui a donné lieu à de fortes persécutions. De nombreuses régions se sont soulevées pour protèger leurs prêtres : la Bretagne, Lyon, Toulouse, la Provence ... Concordat.jpg

Le calme ne reviendra complètement qu'après le rétablissement de la liberté de culte, et la signature par Napoléon et le Pape Pie VII du Concordat le 15 Juillet 1801.