Chers Frères et Sœurs,
Je suis très heureux de me trouver chez vous, à Ars. Mes prédécesseurs ont
tour à tour déclaré votre célèbre curé bienheureux, saint, patron des curés du
monde.
Aujourd’hui, il est donné à l’Evêque de Rome, successeur de l’Apôtre Pierre,
de se faire pèlerin chez vous.
Dès l’époque où je me préparais au sacerdoce, à Cracovie, je lisais la vie
du Curé d’Ars. Et l’exemple de ce curé me fortifiait dans mon désir de me
consacrer totalement au salut des âmes. Depuis, je n’ai cessé d’aspirer à venir
moi-même prier sur les lieux de son ministère, près de sa tombe. Je l’avais dit
à Notre-Dame de Paris, lors de ma première visite apostolique en France.
Béni soit Dieu qui me donne cette grâce aujourd’hui!
Au temps où Jean-Marie Vianney arrivait ici, il n’y avait guère que 230
habitants. La modestie de ce village de campagne, dans les Dombes, ne
permettait pas de penser à la notoriété qu’il connaît désormais partout.
Mais un saint est venu chez vous, déployant ici, comme prêtre, tout l’amour
du cœur de Jésus.
Et cette paroisse a changé. Dès 1827, après neuf ans de son ministère, il
pouvait dire: “Ars n’est plus Ars”. “Une révolution dans les cœurs” disait
Catherine Lassagne. La foi, la prière, la vie selon l’Evangile, avaient donné à
ce village un visage nouveau.
6 Octobre 1986 - Jean Paul II